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(Photo:Facebook / Ciprovis)

Environnement: le mirage dakarois du « zéro déchet »

Au peu glorieux palmarès des villes les plus polluées du globe, Dakar fait triste figure parmi les dix premières. Une conjoncture qui s’explique – en partie – par le laxisme de l’État, des lacunes en matière d’infrastructure et de moyens et par l’indiscipline citoyenne. Pour cerner cet enjeu aux lourdes conséquences sur l’environnement, mais également sur la santé des 16 millions de Dakarois, un zoom sur la gestion des déchets dans la mégapole sénégalaise.

Par Hélène Boucher 

Quiconque circule le long du bord de mer dakarois – plus de 20 kilomètres sur l’Atlantique – aura beau détourner la tête : impossible d’esquiver la vue d’amoncellements épars. Gobelets et sachets de plastique, détritus domestiques et même chaussures et vêtements dépareillés traînent ici et là. Dans certains quartiers populaires, dont celui de Médina – l’un des plus anciens de la ville – on constate la prolifération de rats depuis la fin de l’été. Les signes d’insalubrité apparaissent de toute part dans la capitale du Sénégal, qui mise sur un rythme d’urbanisation fulgurant et où les édifices lèvent de terre comme en plein New York.

Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique (MULHP), Abdou Karim Fofana, a subi certaines remontrances du chef de l’État, Macky Sall, qui l’a sommé lors du Conseil des ministres du 31 janvier 2018, d’« intensifier le Programme national d’amélioration du cadre de vie, avec l’installation de mobiliers urbains adaptés, ainsi que l’aménagement et la réhabilitation de places publiques, d’espaces verts et de sites indispensables à la promotion d’une qualité de vie meilleure dans nos localités. » Pour répondre à cette demande, une Campagne nationale de Promotion de la Propreté (CNPP) a été lancée le 8 août. Avec comme slogan « Ensemble, agissons pour un meilleur cadre de vie », l’ambitieuse opération implique, en plus de l’équipe du ministre Fofana, les maires sénégalais, le MULHP ainsi que les acteurs impliqués dans les initiatives locales vertes. Le tout porté par la chanson End-Discipline du rappeur Ndongo-D, outré par l’indiscipline de ses concitoyens.

Actuellement, l’Unité de Coordination de la Gestion des déchets solides (UGC) croule sous la lourdeur de la tâche et manque de camions pour couvrir adéquatement la vaste superficie du territoire dakarois. Depuis 2015, l’UGC s’occupe de la gestion de la décharge Mbeubeuss – l’une des plus vastes d’Afrique de l’Ouest – où les déchets de la capitale terminent leur chute, s’entassant sur des monts de saletés qui atteignent jusqu’à 15 mètres de haut. Pour la mairesse de Dakar, Soham El Wardini, l’heure n’est plus au calcul ; l’investissement doit être solidaire et durable. Elle en a fait un rappel clair le 8 août : « Nous avons dépensé des milliards de francs CFA dans les dernières années pour nettoyer la ville et chaque fois, la saleté revient. J’ai honte lorsque je vais dans certains endroits de Dakar. Tous les maires sont dans la même mouvance : celle de développer le Sénégal. Ce sont les moyens qui manquent, mais maintenant, avec l’engouement du programme “zéro déchet”, nous allons réussir rapidement. » Écueils civique et législatif Mais qu’est-ce qui freine autant les citoyens dakarois à mieux gérer leurs déchets ? « Les gens tentent de participer, très partiellement, mais un grand pas reste à franchir », constate Fatimata Dia, ex-directrice de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), environnementaliste influente et pilier de la campagne de propreté gouvernementale. Son évaluation des problèmes de salubrité a mené à la rédaction d’un rapport qui évoque le manque d’éducation aux enjeux de la gestion des ordures et une ignorance quant à la législation en place. La Constitution sénégalaise contient en effet des articles pour la participation collective à l’hygiène. Elle stipule que « chaque citoyen a droit à un environnement sain » et que « la défense, la préservation et l’amélioration du cadre de vie incombent aux pouvoirs publics et à tout citoyen. » Pour Mme Dia, « il faut que s’opère un rapprochement de la loi du citoyen, grâce à une approche didactique pour simplifier les termes juridiques. Il faut fournir une lecture à la portée de tous et toutes. » C’est la seule condition qui puisse réellement permettre à la population d’observer des changements en matière de gestion des déchets.

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Dans la catégorie Numéro 43 (Sept-Nov 2019)

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