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(Photo: APIB)

Brésil: Les peuples autochtones luttent pour leur terre… contre leur président

Par Emilie Nault-Simard

Au Brésil, le nouveau dirigeant d’extrême droite Jair Bolsonaro pourrait provoquer plus qu’une catastrophe environnementale. Deux mois après le début du mandat de celui qui est décrit comme le président de l’agrobusiness, la survie de certains peuples autochtones est menacée. La mobilisation s’organise, mais les forces sont inégales. Les enjeux de cette bataille, directement depuis le plus grand pays d’Amérique du Sud.

Brasília, 31 janvier 2019. Face aux bureaux du ministère brésilien de l’Agriculture, dirigé par le Parti social-libéral (PSL) de Jair Bolsonaro, la leader indigène de la tribu Guajajara Sônia Guajajara – ancienne candidate de gauche à la vice-présidence – déclare aux médias d’une voix forte et claire : « Les droits humains sont attaqués par les autorités les plus hautes de ce pays. ».

Cette journée marque la fin d’une première campagne de mobilisation contre les politiques du nouveau président, considérées comme « anti-autochtones » par les organisations indigènes et celles qui défendent leurs droits. L’action été lancée par l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB) avec le slogan « Sang indigène : pas une goutte de plus », #JaneiroVermelho (#JanvierRouge).

Du nord au sud du pays, de la capitale Brasília à Fortaleza en passant par le territoire autochtone wawi, des manifestations ont lieu. Partout, les membres des différentes communautés indiennes sont vêtus de leurs habits traditionnels, et beaucoup ont peint leur visage. « La victoire de Jair Bolsonaro à l’élection présidentielle est la menace la plus grave qui pèse sur les peuples autochtones du Brésil depuis des décennies », dénonce Survival International, jointe par courriel. L’ONG, qui lutte pour le droit des autochtones à travers le monde depuis 1969, appelle à une mobilisation internationale, car elle estime qu’« un génocide est en cours au Brésil ».

« Une déclaration de guerre aux peuples autochtones »

L’ancien militaire devenu président a promis plus de pouvoir aux ruralistas brésiliens, ces grands propriétaires terriens du secteur agroalimentaire. En revoyant par exemple la carte des territoires protégés, plusieurs situés dans la très prisée Amazonie. « Il n’y aura pas un centimètre délimité pour les réserves indigènes ou les quilombolas [les territoires destinés aux descendants des communautés d’esclaves africains] », avait-il déclaré à Rio de Janeiro en avril 2017, pendant sa campagne électorale.

Le jour de son investiture, le 1er janvier dernier, Jair Bolsonaro s’est empressé de publier la Mesure provisoire no 870, qui modifie entre autres le mandat et la structure de la Fondation nationale de l’Indien (Funai). Le département des Affaires autochtones se voit ainsi retirer sa principale tâche, la gestion des terres autochtones. Autant l’identification, la délimitation que la protection de celles-ci passent aux mains du ministère de l’Agriculture. Et c’est à Tereza Cristina da Costa, leader connue des lobbies parlementaires de l’agrobusiness, que M. Bolsonaro a confié ce ministère.

« Nous vivons beaucoup de pression et d’oppression du gouvernement contre nos droits », dénonce le dirigeant indigène Marcos Tupã, coordinateur de la Commission Guarani Yvyrupa, actrice du mouvement indigène national.

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Dans la catégorie Numéro 41 (Mars-Mai 2019)

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